Premier contact avec l'Afghanistan

 

La comparaison pourra vous paraître bizarre, mais vue du ciel, l'Afghanistan m'a fait pensé à la peau d'un abricot sec. Un pays resté trop longtemps au soleil. Bruni, ridé, asséché. Il n'y a qu'une seule couleur, celle de la terre, déclinée en différentes gammes. Parfois très sombre, souvent plus claire. Plus on avance, plus le paysage devient accidenté. Ce sont les premiers contreforts de l'Hindu Kush, cette chaîne de montagne qui magnifie le Nord-Est de l'Afghanistan. Lorsque l'on commence a apercevoir de la neige sur les sommets, c'est que l'on s'approche de Kaboul.

Le premier contact visuel avec la capitale afghane sont ces collines arides recouvertes de maison en torchis qui émergent d'un nuage de poussière. C'est comme si ces photos que je voyais depuis des années dans les magazines français se mettaient à s'animer. Sur le bord de la piste, des avions alignés, des hélicoptères par dizaine. Un blindé circule sur une route non loin de là.Première bouffée d'air afghane. Voilà un pays dont je voulais fouler le sol depuis longtemps, j'y suis enfin...

L'immigration est une formalité. Dans le hall de l'aéroport, un chauffeur d'Afghan logistic, une compagnie de taxis qui s'occupe spécialement des occidentaux, m'attend. "Hi ! Mister Ben ?"Les gueules, ce sont un peu celles que j'avais pu voir dans les zones tribales du Pakistan. Visages burinés, barbes longues, petits chapeaux pashtuns, Shalwar Kameez... Sur le bord de la route, de vieux afghans font les équilibristes sur de grands vélos déglingués, les jambes écartées pour ne pas coincer leurs larges pantalons dans la chaîne. Deux hélicoptères survolent les faubourgs.

Rentré dans Kaboul. Croisé deux pick up de la police afghane, une imposante mitraillette tenue par des hommes en uniforme à l'arrière. C'est l'heure de la sortie des écoles. Des jeunes filles en noir pouffent de rire sous leur voile blanc. Certaines sont accompagnées par leur mère... cachées sous leur burka.La voiture s'engage dans une rue en terre. Défoncée. Sur la droite, un bâtiment sans enseigne avec à son entrée une guérite protégée par des sacs de sable et gardée par des hommes armées. Le lourd portail de métal s'ouvre. Je suis arrivé à l'hôtel.

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